Alors que le monde du football s'interroge sur l'indépendance des instances disciplinaires de la FIFA, la FFRIM répond en vantant les réformes de Gianni Infantino.

Le précédent qui fait débat
Depuis plusieurs jours, la FIFA est secouée par une polémique sans précédent. Après l'expulsion de Folarin Balogun, Donald Trump a publiquement affirmé être intervenu auprès de Gianni Infantino afin que l'attaquant américain puisse disputer le huitième de finale du mondial face à la Belgique. Quelques heures plus tard, la suspension du joueur était levée, une décision qui a immédiatement déclenché une vague de réactions à travers le monde. Fier de son coup, le président américain a même remercié l’organisation sur son réseau Truth Social « d’avoir fait ce qu’il fallait et d’avoir réparé une grande injustice ». Depuis, une question revient partout : les organes disciplinaires de la FIFA sont-ils réellement indépendants lorsqu'une telle décision intervient dans un contexte aussi particulier ?
La réponse de la FFRIM
C'est dans cette ambiance que la Fédération mauritanienne de football a publié un communiqué. Elle rappelle l'indépendance des organes disciplinaires de la FIFA, appelle au respect des institutions. Une grande partie du texte est consacrée au bilan de Gianni Infantino a la tête de la FIFA a savoir, l'élargissement de la Coupe du monde à 48 équipes, les réformes de la FIFA, les investissements réalisés dans les associations membres et les nombreux projets dont la Mauritanie a bénéficié grâce au programme FIFA Forward.
Tout est vrai. La Mauritanie a effectivement bénéficié de projets majeurs financés par la FIFA mais le problème est que ce n'est pas la question. Le débat international ne porte pas sur les stades construits, les académies ou les financements. Il porte sur un précédent disciplinaire après une intervention politique revendiquée publiquement par Donald Trump. Quand c'est l'indépendance des organes disciplinaires qui est questionnée, les arguments relatifs aux investissements, aux infrastructures ou à l'élargissement de la Coupe du monde ne répondent pas aux interrogations soulevées. C'est précisément ce que la Fédération mauritanienne de football n'a pas fait. Ce communiqué donne le sentiment de répondre à une question que personne ne posait.
Au fond, une question de crédibilité
Le communiqué tire a côté du cadre car il répond davantage au bilan de Gianni Infantino qu'aux interrogations qui alimentent aujourd'hui la polémique. Le football vit de ses règles, de leur application et de la confiance que les supporters leur accordent. Lorsqu'un doute s'installe sur l'équité d'une décision, il ne disparaît pas avec un communiqué. Il disparaît avec des explications claires, transparentes et convaincantes. Au final, ce que les amoureux du football veulent protéger, c'est la crédibilité du jeu.



