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Aritz López Garai, Où est l'identité de jeu ?

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Après une victoire peu convaincante contre la Centrafrique et une défaite face au Bénin, le sélectionneur mauritanien se retrouve face à une question de fond. Où est passée l'identité de jeu qu'il annonçait depuis son arrivée ?

Aritz Lopéz Garai
Aritz Lopéz Garai

Des résultats en dent de scie

Il arrive un instant où les résultats ne masquent plus les interrogations. La victoire 3-1 contre la Centrafrique, en ouverture des éliminatoires, aurait dû lancer la campagne sereinement. Mais derrière les trois buts, le contenu proposé n'a dissipé aucun doute. La défaite 2-1 concédée face au Bénin, ce 29 septembre à Abidjan, vient renforcer ces interrogations sur le travail d'Aritz López Garai et sur la direction prise par la sélection.

Il ne s'agit pas de remettre en cause un entraîneur simplement parce qu'il a perdu un match, mais de confronter ses résultats à ses ambitions, ses déclarations à ses réalisations, et le projet annoncé au football réellement produit sur le terrain.

Aritz Lopéz Garai avec le président de la FFRIM, Ahmed Yahya a la veille de Bénin - Mauritanie à Abidjan
Aritz Lopéz Garai avec le président de la FFRIM, Ahmed Yahya a la veille de Bénin - Mauritanie à Abidjan

Une philosophie ambitieuse, mais où sont les preuves ?

Dans un entretien accordé à TyC Sports en mars 2026, López Garai exposait clairement ses intentions. Une Mauritanie protagoniste avec le ballon, offensive, capable de jouer dans le camp adverse, de construire des possessions longues et de récupérer le ballon grâce à un pressing haut. Dans une autre interview, accordée à Mundo Deportivo en octobre 2025, il évoquait aussi sa volonté de transmettre davantage de maîtrise tactique, de lecture du jeu et de contrôle des situations à ses joueurs.

Le projet est donc identifiable sur le papier. Mais une philosophie ne prend de la valeur que lorsqu'elle devient visible sur le terrain. Où sont les mécanismes qui permettent à la Mauritanie de sortir proprement sous la pression ? Où sont les relations entre les milieux et les attaquants ? Où sont les mouvements coordonnés qui permettent de progresser collectivement ? Et lorsque l'équipe perd le ballon, retrouve-t-on un pressing coordonné, des couvertures efficaces, une défense capable de contrôler la profondeur ?

Aritz Lopéz Garai en conférence de presse lors de l’annonce de la liste pour la trêve internationale de septembre 2016
Aritz Lopéz Garai en conférence de presse lors de l’annonce de la liste pour la trêve internationale de septembre 2016

Posséder le ballon ne signifie pas maîtriser le jeu

La victoire contre la Centrafrique a apporté trois points précieux. Le résultat ne doit pourtant pas empêcher une lecture exigeante du contenu. Une équipe peut marquer trois buts sans démontrer une maîtrise collective suffisante, en s'appuyant sur des situations individuelles ou des erreurs adverses, tout en conservant des failles structurelles dans son organisation offensive.

Le véritable indicateur n'est pas le nombre de buts inscrits, mais la manière dont ils sont préparés, la régularité avec laquelle l'équipe crée des occasions, et sa capacité à reproduire les mêmes mécanismes face à des adversaires différents. Si les individualités restent la principale source de danger, le collectif ne remplit pas encore pleinement son rôle. Sans occupation rationnelle des espaces ni solutions permanentes autour du porteur de balle, la possession devient stérile, et le projet offensif perd l'essentiel de son intérêt.

Aritz Lopéz Garai lors de la dernière réunion avant la trêve de septembre 2026
Aritz Lopéz Garai lors de la dernière réunion avant la trêve de septembre 2026

Une organisation défensive à interroger aussi

Les questions ne concernent pas uniquement la phase offensive. Une équipe qui annonce vouloir presser haut doit assumer les conséquences de ce choix. Les attaquants doivent orienter la relance adverse, les milieux doivent fermer les solutions de passe, la défense doit avancer au bon moment et protéger l'espace dans son dos. Quand ces mouvements ne sont pas coordonnés, le pressing devient une succession d'efforts individuels, les distances s'allongent, et l'adversaire trouve les espaces pour progresser. La question est simple. La Mauritanie défend-elle selon une organisation collective clairement identifiable, ou dépend-elle encore trop souvent de réactions individuelles ? Elle est vite répondue.

Le rôle d'un sélectionneur consiste précisément à identifier les priorités, simplifier les exigences quand c'est nécessaire, et installer progressivement des repères communs. Après plusieurs rassemblements, on est en droit de chercher une progression reconnaissable.

Un avertissement, pas encore une sentence

Le 2-1 concédé au Bénin reste un revers sportif, pas un verdict. Les deux buts de Rodolfo Aloko, inscrits avant et juste après la pause, ont placé la Mauritanie en difficulté. La réduction du score tardive d'Aboubakary Koïta sur penalty n'a pas suffi à sauver un point.

Une défaite ne prouve pas à elle seule qu'un projet est mauvais, mais lorsqu'elle s'ajoute à une première prestation qui laissait déjà des questions en suspens de manière accumulée, elle rend l'évaluation plus urgente. La Mauritanie ne peut pas se contenter d'espérer que ses individualités feront la différence à chaque match. Elle doit démontrer qu'elle dispose de mécanismes collectifs. Personne ne demande le Tiki-Taka, mais une identité, clair net et précise. Même l’excuse de « brouiller » les pistes pour les adversaires ne suffit pas. Les seuls personnes brouillés sont les joueurs.

Une identité encore à prouver

La Mauritanie aspire à retrouver la phase finale de la CAN. Cet objectif demande des résultats, mais aussi une équipe capable de défendre avec cohérence, de construire des attaques collectives et de maîtriser les différents temps d'un match, mais pas une pratique du football hasardeuse, communément nommé le « Inchallah-Ball ». Le débat autour d'Aritz López Garai est donc légitime.

Le sélectionneur avait annoncé un football de possession, une volonté de jouer dans le camp adverse et une récupération haute du ballon. Il appartient désormais à son équipe de traduire ces intentions en réalisations concrètes sur le terrain. Depuis son arrivée, le bilan d'Aritz López Garai s'établit à 13 sélections, 3 victoires, 4 nuls et 6 défaites.

Par La Rédaction