La Mauritanie repart de Casablanca avec un match nul (1-1) face à l’Angola, au terme d’une rencontre qui laissera probablement autant de satisfaction que de frustration. Voici les notes du match.

Le contenu progresse, l'efficacité tarde.
Pendant une bonne partie de la rencontre, les Mourabitounes ont montré un visage séduisant. Le pressing a fonctionné, les sorties de balle ont été propres et plusieurs séquences collectives ont mis en difficulté les Angolais. Entre la 15e et la 40e minute notamment, les hommes d’Aritz López Garai ont multiplié les situations dangereuses sans parvenir à concrétiser. Djeidi Gassama, Abdellahi Mahmoud ou encore Souleymane Anne ont tour à tour fait vaciller l’arrière-garde angolaise, tandis que le gardien Hugo Marques a dû s’employer à plusieurs reprises pour maintenir son équipe à flot.
En face, les Palancas Negras ont peiné à exister offensivement avant de profiter d’une frappe lointaine de Manuel Keliano à la 86e minute pour ouvrir le score contre le cours du jeu. Mais cette fois, la Mauritanie n’a pas baissé les bras. Dans le temps additionnel, Aly Abeid a parfaitement dédoublé sur le côté gauche avant d’adresser un centre à ras de terre repris par Idrissa Thiam pour l’égalisation. Au final, les Mourabitounes auront montré des progrès dans le contenu et l’animation collective. Reste une réalité qui poursuit cette équipe depuis plusieurs mois : le manque d'efficacité.
L'homme du match : Djeidi Gassama (8) : Véritable dynamiteur du secteur offensif, il a constamment posé des problèmes à la défense angolaise. Son pressing, ses accélérations et sa capacité à éliminer ont été à l'origine de plusieurs occasions dangereuses. C'est également lui qui initie l'action de l'égalisation dans le temps additionnel. Comme le reste de l'équipe, il peut regretter un manque d'efficacité dans le dernier geste, mais il a eu le mérite de peser sur la rencontre du début à la fin sans jamais disparaître.
Mamadou Diop (4) : On l'a senti hésitant, notamment sur une intervention aérienne où il manque de se compliquer sérieusement la tâche en voulant capter un ballon au-dessus de sa ligne. Le paradoxe de son match est qu'il a été peu sollicité mais n'a jamais dégagé cette impression de sérénité. Sur le but de Manuel Keliano, la frappe est puissante et bien placée mais c'est aussi la seule véritable situation où il est réellement mis à contribution. Il n'y a vu que du feu.
Ibrahima Keïta (6) : Peu en vue offensivement, mais appliqué. Il s'est surtout illustré dans les moments où l'Angola poussait davantage en fin de rencontre, en répondant présent dans les duels et les interventions défensives. Comme on dit dans le jargon, il a été dans zone.
Lamine Ba (6) : Un match sérieux sans être spectaculaire. Il a répondu présent sur plusieurs situations importantes et a apporté de la stabilité à l'arrière-garde mauritanienne. Trois interventions cruciales a son actif sur les deux mi-temps.
Jordan Lefort (6,5) : Pour sa deuxième sélection seulement, le défenseur d'Angers est déjà taulier. Positionné dans l'axe gauche de la défense, il a souvent été le premier relanceur en cherchant systématiquement une solution entre les lignes. Son expérience s'est surtout ressentie dans la gestion de la profondeur. Sur une situation où l'ailier angolais semblait lancé vers le but, Lefort a parfaitement lu la trajectoire et refusé le duel de vitesse en protégeant son espace. Sans faire de bruit, il a dégagé une impression de maîtrise qui manque parfois à cette sélection. Tout au long du match, il privilégie la communication avec ses coéquipiers.
Aly Abeid (7) : Le capitaine a montré l'exemple. Très disponible dans son couloir gauche, il a multiplié les combinaisons avec Djeidi Gassama. Plusieurs fois, on l'a vu accompagner les actions jusqu'à se retrouver dans la surface adverse. Son activité a été récompensée dans le temps additionnel. Après une combinaison rapide avec Yacoub Sidi, il dédouble parfaitement sur le côté gauche et adresse un centre à ras de terre qu'Idrissa Thiam n'a plus qu'à pousser au fond. Une passe décisive qui vient conclure une prestation pleine d'énergie.
Maata Magassa (6,5) : Le milieu de Zed FC continue d'apporter sa qualité technique au mitard. Dans les moments où la Mauritanie a dominé, il a souvent été le joueur qui donnait le bon tempo. Rarement pressé, toujours disponible entre les lignes, il ne cherche qu'a jouer vers l'avant. Il a gratté énormément de ballons dans les pieds des angolais. Prestation discrète mais sacrement utile.
Oumar N'Gom (6,5) : Le genre de match qu'il faut revoir. Pendant 75 minutes, le joueur de Lecce a été au cœur du pressing. Chaque fois que l'Angola essayait de ressortir proprement, il déboulait pour fermer une ligne de passe ou harceler le porteur. Avec Maata Magassa, il a formé un double pivot très complémentaire.
Abdellahi Mahmoud (6) : Probablement le joueur le plus difficile à noter, parce que son contenu a été bon et sa finition mauvaise. Le milieu du FC Nouadhibou a été partout. Il a souvent servi de trait d'union entre le double pivot et les attaquants. Il a participé au pressing, récupéré des ballons et trouvé des solutions vers l'avant. À la 39e minute, il bénéficie d'une énorme occasion mais manque son geste. À la 58e minute, il réalise une belle différence côté gauche avant d'obliger Hugo Marques à sortir un arrêt de grande classe. Puis à la 67e minute, c'est encore lui qui récupère le ballon à l'origine de l'action qui amène le poteau de Djeidi Gassama. Son activité a été constante.
Beyatt Lekoueiry (6) : Un match assez particulier. Positionné sur le côté droit, il n'est pas resté collé à sa ligne. Très souvent, il est venu à l'intérieur pour participer à la construction du jeu et créer une supériorité numérique dans l'axe. C'est lui qui lance plusieurs mouvements offensifs dangereux, notamment l'action litigieuse de la première période qui aurait pu déboucher sur un penalty pour Djeidi. Il a également eu une opportunité intéressante après une frappe repoussée par le gardien angolais mais n'a pas réussi à concrétiser.
Souleymane Anne (4) : Il était dans le dur. À la 17e minute, Djeidi Gassama lui offre une situation idéale après une récupération haute. Il se retrouve en bonne position mais sa frappe fuit le cadre. À plusieurs reprises, il a été trouvé dans la profondeur sans parvenir à faire la différence. À la 45e minute notamment, Abdellahi Mahmoud l'envoie parfaitement dans l'espace mais il est repris par le défenseur angolais après avoir mal négocié son avance. Son activité n'a pas été inexistante, mais dans un match où la Mauritanie s'est créé autant d'occasions, son manque d'efficacité saute forcément aux yeux.
Aritz Lopéz Garai (7) : Difficile de lui reprocher grand-chose sur ce match. La Mauritanie a proposé un plan de jeu cohérent, avec un pressing haut qui a gêné l'Angola pendant une bonne partie de la rencontre avec des récupérations hautes dans le camp adverse. En se procurant les meilleures occasions, son équipe a longtemps donné l'impression d'être la plus dangereuse. Le choix d'associer Oumar N'Gom et Maata Magassa dans un double pivot a apporté de l'équilibre, tandis que Djeidi Gassama a souvent été trouvé dans de bonnes conditions sur son côté gauche. Les sorties de balle ont été plus propres que lors de plusieurs précédentes rencontres et l'équipe a montré davantage de maîtrise collective.
En revanche, le sélectionneur ne peut pas totalement échapper à la question de l'efficacité offensive. Malgré une domination assez nette par séquences, la Mauritanie a encore manqué plusieurs occasions franches et s'est retrouvée menée sur la seule véritable occasion angolaise de la seconde période. On retiendra également la réaction d'orgueil de ses hommes après l'ouverture du score adverse. Au final, le contenu est probablement l'un des plus aboutis depuis son arrivée, mais le résultat rappelle encore une fois les lacunes. Une prestation encourageante, sans être totalement accomplie.



